Sur le fait de faire lentement

Il y a un moment particulier dans la fabrication d’une pièce — quelque part entre l’argile qui trouve sa forme et la cuisson — où l’on cesse de diriger et commence à écouter. Le travail prend le dessus.

Ce type d’attention est difficile à maintenir quand tout autour de vous va vite. Mais le grès ne négocie pas. Il répond à la pression, à l’humidité, à la chaleur de vos mains. Chaque décision laisse une trace.

Le bol du matin

Je travaille en ce moment sur une série de petits bols — le genre que l’on tient à deux mains au réveil. Des parois basses, une légère courbe vers l’intérieur au bord, un pied qui tient bien dans la paume.

La forme est simple. La réussir m’a pris plus de temps que prévu. Non pas parce que la forme est techniquement exigeante, mais parce que les formes simples n’ont nulle part où se cacher.

L’argile comme matière

Le grès vient de la terre et y retourne différemment — plus dense, moins poreux, transformé par le feu en quelque chose qui survivra à la plupart des objets fabriqués aujourd’hui.

Cette permanence compte pour moi. Je veux que les pièces que je fabrique soient utilisées longtemps, qu’elles accumulent les petites marques d’une vie vécue — un éclat sur le bord, une tache qui ne part pas, une patine de plusieurs années de thé.


De nouvelles pièces sont régulièrement ajoutées à la boutique.